RAD et les 5 niveaux de maturité CMM

Les principales critiques émises contre le RAD relèvent d’une méconnaissance totale de la méthode. Cette mauvaise presse faite au RAD est avant tout liée à la notion de rapidité qui est souvent considérée comme incompatible avec celle de qualité. Comme il va être démontré dans les paragraphes suivants, il aurait été plus pertinent de traduire RAD par « développement maîtrisé d'application de qualité approuvée par les utilisateurs ».

L’évaluation de la méthode RAD la positionne au plus haut niveau de CMM ou d’ISO 15504. L’ensemble de ses pratiques est représentatif de l’état de l’art en matière de développement du logiciel.

Niveau 1 « initial »

CMM : l'organisation ne dispose pas de procédure formalisée de développement et d’évolution de ses applications. Lorsque l'échec de projet se matérialise, le peu de méthode est généralement abandonné pour tenter des raccourcis dans le processus de réalisation et de validation. Les efforts d'organisation régressent vers des pratiques d'engagements purement réactives de type « codage et tests » qui amplifient la dérive.

La méthode RAD repose sur un phasage simple décliné dans un processus de mise en œuvre formalisé et des techniques précises, elle ne relève donc pas de ce niveau.

Niveau 2 « reproductible »

CMM : la gestion des nouveaux projets est fondée sur l'expérience mémorisée à l'occasion de projets semblables.

Selon les principes fondamentaux de la méthode RAD, cette exigence correspond au respect de la structuration des phases, de la dimension temporelle, de la validation des livrables, des architectures de conception et de réalisation. La planification s’effectue en phase de Cadrage à partir de la hiérarchie des fonctions à produire.

CMM : la gestion des nouveaux projets est fondée sur l'expérience mémorisée à l'occasion de projets semblables.

Le RAD rencontre ces exigence par l'usage d'outils comme Évaluateur. Une utilisation, même partielle, de la méthode RAD permet de se positionner à ce niveau.

Niveau 3 « défini »

CMM : le processus standard de développement et d’évolution logiciel est documenté. Il intègre en un tout cohérent les procédés d'ingénierie logiciel et de gestion de projet.

La méthode RAD propose son processus qualité d'ingénierie des développements.

CMM : un programme de formation est en place dans l'organisation afin que les utilisateurs et les informaticiens acquièrent les connaissances et les compétences nécessaires pour assumer les rôles qui leur ont été confiés.

L’animateur RAD impose cette formation en préalable au début du projet et de préférence avant la réunion de lancement. Une application plus fidèle de la méthode RAD permet donc de se positionner à ce niveau.

Niveau 4 « maîtrisé » 

CMM : l'organisation se fixe des objectifs quantitatifs et qualitatifs. La productivité et la qualité sont évaluées par le contrôle et la validation des jalons majeurs du projet dans le cadre d'un programme organisationnel de mesure.

Dans une conduite de projet RAD, ces contrôles et ces mesures s'effectuent lors de la mise en place des jalons zéro-défaut et des revues de projet dont l'aboutissement est « l'état de livraison permanente » qui permet la réalisation de « focus »  de validation et d'avancement.

Niveau 5 « optimisé »

CMM : l'amélioration continue des processus est la principale préoccupation. L'organisation se donne les moyens d'identifier et de mesurer les faiblesses de ses processus et renforce ceux-ci de façon proactive afin de prévenir les dysfonctionnements. Une cellule de veille technologique identifie, acquiert et met en œuvre les produits innovants et les meilleures pratiques d'ingénierie logiciel dont la synergie permet l’amélioration continue de la qualité.

Le RAD offre naturellement les moyens de répondre à cette dernière exigence par l'engagement de tous dans le cadre d'équipes d'amélioration de la qualité (interview de groupe, validation permanente). Pour les informaticiens, cette notion se matérialise dans le SWAT (spécialisation, veille technologique, autonomie, réactivité, recherche de performance et de qualité au moindre coût). Pour la maîtrise d’ouvrage, ce sont les techniques d’enquêtes de satisfaction, de benchmarking et de veille concurrentielle.

 


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