Les enjeux de la méthode

Parfois, la réussite d’un projet informatique se matérialise par :

  • une application totalement approuvée répondant aux besoins des utilisateurs ;
  • la livraison rapide des fonctionnalités stratégiques ;
  • des coûts de développement permettant un retour sur investissement concret ;
  • la sécurité d’une visibilité qualitative et quantitative de l’avancement des travaux.
  • Pour un professionnel de l’informatique, il n’y a pas de miracle ni de circonstance, seulement des techniques de réduction du risque : phasage, dimension temporelle, validation permanente, jalons zéro défaut, focus de visibilité.

    Il a été constaté que les méthodes de conduite de projet dites classiques, c’est-à-dire basées sur la validation de documents rédigés par des analystes, puis confiés à des programmeurs, mènent désormais le plus souvent à un échec dans les projets modernes et complexes.

    Les différences fondamentales entre une conduite de projet classique et une conduite de projet moderne sont les suivantes :

  • La structuration des phases est différente. C’est particulièrement évident pour la réalisation qui applique les techniques du prototypage et impose une spécification détaillée directement exprimée en termes de code.
  • La dimension temporelle est différente, les projets se planifient en lots de 120 jours maximum. D’autre part, la réalisation représente désormais 50% de la charge.
  • Les intervenants sont différents. Les fonctions d’analystes " pondant du dossier " pour des programmeurs " pondant du code " s’estompent. Un profil unique de concepteur-développeur hautement compétent et motivé s’avère indispensable. Les équipes rétrécissent, et le statut de " chef de projet " laisse place à une fonction coordination assumée généralement par un des membres du SWAT (équipe de projet spécialisée).
  • L’engagement des utilisateurs est stable et permanent. Il est à la base du principe de validation permanente et de FOCUS qui garantissent visibilité et qualité.
  • Il découle de ces différences que les formes et les techniques de modélisation et de documentation doivent s’adapter tant à la méthode en elle-même qu’aux nouveaux besoins propres aux développements modernes.

    Face à des développements de plus en plus complexes, la modélisation doit être approfondie, structurée, puissante et simplificatrice.

    Technologies, relations humaines et méthodes

    Pour l’organisation moderne, l’architecture client-serveur s’avère le principal facteur structurant de la décennie. Parallèlement, l’intégration technologique caractéristique de ce modèle ainsi que les contraintes de temps et de coûts bouleversent la conduite des projets informatiques. Il faut livrer, même en fonctionnalités réduites, pour assurer un avantage immédiat ou un retour sur investissement accéléré. Confrontées à ces défis, les méthodes traditionnelles s’enlisent et laissent le champ libre au Développement Rapide d’Applications (RAD) qui consacre la nécessité d’une totale synergie entre méthodes, techniques de communication, ressources humaines et outils.

    Communications interpersonnelles

    A toutes les phases du développement, le RAD introduit la spécialisation et la gestion des relations interpersonnelles. Le classique chef de projet fait place à un binôme composé d’un coordonnateur fonctionnel issu de la maîtrise d’ouvrage qui impose la dynamique applicative et d’un coordonnateur technique représentant la maîtrise d’œuvre qui intègre la dimension technologique. Les rapports entre les partenaires du développement se complexifient et se contractualisent.

    Le RAD implique alors un troisième groupe d’acteurs neutres organisé autour d’un animateur dont la mission est d’obtenir un consensus et une expression formelle des besoins par la maîtrise des techniques d’entretien, de prévision et de gestion des conflits. Des auxiliaires réalisent en direct la modélisation de l’application et sa validation lors de travaux de groupe organisés dans un espace de communication dédié (atelier de génie logiciel sur micros, moyens électroniques de rétroprojection, etc.).

    Ressources humaines

    Le prototypage déporte les spécifications détaillées dans la phase de réalisation. Les compétences de l’analyste et du programmeur fusionnent et imposent une mutation des métiers. En parallèle, la pluralité technologique requiert une spécialisation accrue de l’équipe de projet. C’est le principe du SWAT (Skilled With Advanced Tools). Un SWAT est composé de personnels de type spécialiste-généraliste, experts sur des techniques ou outils précis et nécessairement généralistes sur les autres. La coordination harmonieuse de ces profils à travers un contrat de projet initie une dynamique de groupe basée sur la gestion de la complémentarité. Cette synergie favorise le sens de l’identité de l’équipe, le partage de l’information et la notion d’entraide.

    Méthodes

    Jusqu'à maintenant, les méthodes se distinguaient par leur approche monolithique des problèmes. On décomposait la structure (top-down) ou l'on élaborait à partir des besoins (bottom-up). Une méthode de conduite de l'évolution et le RAD réconcilient les deux tendances. La systémique s'applique à la conception haute et le prototypage à la spécification détaillée. L'organisation est donc appréhendée par une approche qui garantit la cohérence systémique. C'est lors de la phase de réalisation que le prototypage s’impose pour valider l'adéquation du produit aux exigences des utilisateurs.

    Opportuniste et prudent, le RAD s’appuie d’abord sur une approche systémique (top-down) dans la première partie de sa mise en œuvre : le Cadrage. Cette phase correspond à une analyse, étendue aux aspects organisationnels, technologiques et financiers. En ce sens, certains aspects de Merise, une fois adaptés ou allégés, lui conviennent très bien .

    Lors de la seconde partie d’un projet RAD : le Design, l’approche objet est mise à contribution avec pragmatisme afin de structurer et de pouvoir paralléliser la conception. L’apport de l’objet réside alors dans la parcellisation naturelle qu’il implique et dans l’isolation et l’homogénéité qu’il impose en termes de fonctionnalité. En ce sens, il ouvre la porte à la réutilisation et à l’industrialisation des composants " métier".

    La troisième partie : la Construction, s’appuie exclusivement sur le prototypage (bottom-up). A travers diverses techniques, le RAD plonge alors au cœur des besoins pour construire une application répondant à tous les critères de qualité et de conformité fonctionnelle. Et ce, jusque dans le moindre détail des attentes d’un utilisateur, participant actif depuis le début du projet. Dans cette phase, l’objet technique (ActiveX) trouve de nouveau sa place en fournissant les briques qui accéléreront la Construction.



    www.RAD.fr ® © Jean-Pierre Vickoff