Comparaison des principaux cycles de vie des méthodes

Réactivité ou l’industrialisation

La notation de modélisation unifiée UML (qui n’est pas une méthode et dont l’usage doit être guider par un processus), impose progressivement son standard. Pourtant les enjeux des nouveaux systèmes d’information dépassent de loin ces contingences techniques.

Voici quelques années, je rédigeais un article intitulé initialement « le RAD ou l’objet » (Le Monde Informatique du 3 mars 1995). Le problème était alors posé en ces termes : " Privilégier la réactivité par le RAD ou investir dans l'industrialisation par l'objet, ainsi se décline le futur des choix stratégiques pour un responsable de systèmes d'information. Cette évolution implique de développer rapidement (RAD) et d'industrialiser la production des composants applicatifs (Objet). Si le RAD réduit et adapte les activités de conception-réalisation, il n'en est pas de même de l'objet qui implique un investissement sérieux. »

Depuis, le RAD et l’Objet ont poursuivi leurs chemins respectifs et il en sera encore de même de nombreuses années, car si leurs objectifs sont similaires (qualité, coûts) le premier s’exprime dans l’immédiat alors que le second recherche toujours une justification à long terme des investissements de tous ordres qu’il suppose. Pourtant, le RAD et l’Objet sont deux approches similaires en terme de terminologie, de structure méthodologique et de méthode de conduite de projet (se reporter au tableau Terminologie de la conduite de projet et de l’ingénierie du développement).

D’ailleurs, le processus RAD2, intègre dans sa dernière version les trois formes les plus utiles de modélisation (Merise allégée, les Flux et UML).

Problème et solution déterminent la méthode a employer

Il est aussi fondamental pour le chef de projet moderne de saisir, en terme de mise en œuvre et de conséquences, les distinctions sous-jacentes aux cycles fondamentaux et aux structures des principales méthodes[1]. Voici en résumé (tableau 1), la comparaison des trois principaux cycles de vie (développement / validation) en matière de méthode de conduite de projet de développement d’applications.

Tableau 1. —  Méthodes de CP, cycles de vie comparés

MERISE (conduite de projet)  ou SDM/S : Approche totalement systémique, « par la structure[2] ».

Inconvénients (liés à la validation en cascade) : rigidité, manque d'adaptation, éloignement des besoins détaillés des utilisateurs, « effet tunnel ».

RAD, DSDM (RAD en Angleterre), ASD, FDD, Scrum : Approche par la structure (pour maintenir la cohérence systémique) au début du projet et obtenir une Expression des exigences. Puis, approche par les besoins avec construction-validation de type itératif-incrémental (pour assurer la conformité de l'application au détail des exigences de l'utilisateur).

Inconvénients : pas d’inconvénient « structurel », mais implique d’adapter le processus à la typologie du projet.

Extrem Programming : Approche « par les besoins[3] » se voulant totalement incrémentielle et itérative mais finalement débutant par une phase exploratoire comme RAD.  

Inconvénients : risques d'incohérences, de redondances et de déstructuration des programmes par de trop fréquentes modifications.

Une erreur dans le choix du cycle de développement par rapport au cycle de vie de l’application, et c’est non seulement le retour sur investissement qui est compromis mais souvent même la capacité du système de répondre réellement aux besoins.

Privilégier l'approche métier, associer utilisateurs et informaticiens, optimiser les ressources et la technologie pour garantir délais et budget, tels sont les avantages de la méthode RAD qui s'appuie ensuite sur l'Objet pour réaliser la construction d'une application fonctionnellement et techniquement conforme aux attentes des divers intervenants du projet


[1] Il ne faut pas confondre techniques de modélisation et cycle de vie ou conduite de projet , bien que Merise, avec sa « courbe du soleil », représente en ce sens une sorte d’exception (française) qui lui permet de figurer dans ce tableau.

[2] top-down

[3] bottom-up


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