Positionnement RAD / CMM / UML

Composants de l'ingénierie du développement

1 - Évaluation et amélioration des pratiques de développement : CMM

Dans une vision plus globale d’amélioration de sa productivité, la Maîtrise d’Œuvre doit considérer un processus d'évaluation et d'amélioration des pratiques de développement tel que CMM ou SPICE.

  1. CMM décrit les éléments " clés " d'un processus de développement logiciel efficace [Paulk 1993].
  2. CMM répertorie des pratiques qui améliorent la capacité de l'organisation à atteindre des objectifs de coût, de délais, de qualité et de fonctionnalité [Paulk 1995].
  3. CMM définit et hiérarchise les pratiques de qualité du développement en 5 niveaux. Il couvre : la reproductibilité du processus, sa formalisation, sa maîtrise et son optimisation [Clark 1997].

2 - Standardisation et industrialisation des développements : RAD 2

Le développement d’applications est encadré par un processus de qualité formel, précis, mais simple, sécurisé et ouvert, instrumenté par des AGL performants. Ce processus implique :

  1. Une structure de développement sécurisant un cycle court basé sur un phasage simple : Cadrage, Design, Construction (figure 2) et l’absolu respect d’une dimension temporelle (90 jours optimum, 120 jours maximum) [Martin 1991].
  2. Des méthodes, techniques et outils permettant de définir et d’appliquer des choix portant sur quatre stratégies conflictuelles : budget, délais, fiabilité (qualité technique), visibilité (qualité fonctionnelle) [Vickoff 1998].
  3. Une architecture de communication respectant un mode opératoire précis structuré en trois étapes : pré-session, session, post-session [Mucchielli 1987].
  4. Une architecture de conception s’appuyant sur les techniques de l'objet et particulièrement sur celles permettant une conception " en vue de modifications " [McCarty 1997].
  5. Une architecture de réalisation imposant pour la qualité technique des normes minimales, des revues de projet, des jalons zéro-défaut et recommandant pour la qualité fonctionnelle le prototypage actif et les Focus de visibilité [McConnell 1996].

Les deux premiers points définissent les principes de la méthode RAD telle que James Martin l’avait conçue dès la fin des années 80. Stratégiquement, le RAD choisit d’optimiser 4 axes fondamentaux : coût (target costing), délais (time boxing), qualité technique (code and project revues), qualité fonctionnelle (prototyping and user’s revues) ou la visibilité générale et le contrôle du projet (Focus).



3 Universalisation de l’expression des processus et de la modélisation : UML

Les intervenants envisagent de transiter de leurs habitudes actuelles vers UML (Unified modeling language). Ce langage uniformise l’expression des besoins pour la Maîtrise d’Ouvrage et de modélisation pour la Maîtrise d’Œuvre. Il s’affirme comme le standard universel de modélisation et fusionne les approches qui jusqu’ici divisaient le monde de l’objet (Booch, OMT, OOSE).

UML fait appel à cinq concepts (les objets, les messages, les classes, l’héritage et le polymorphisme) pour exprimer de manière uniforme l’analyse, la conception et la réalisation. UML est un moyen pratique et particulièrement accessible à la Maîtrise d’Ouvrage ou aux utilisateurs désireux de formaliser leur activité (uniquement par des modèles de flux simplifiés).

… CONCLUSION

Le champ d’action de la réingénierie considère donc simultanément trois facteurs d'évolution distincts mais fondamentaux, qui concernent aussi bien la Maîtrise d’Œuvre (réalisation) que celle d’Ouvrage (expression, validation et qualité) :

  1. Le diagnostic et l'amélioration du cadre organisationnel couvert par la mise en œuvre de principes comme CMM ou SPICE .
  2. L'adaptation du cadre méthodologique spécifique aux projets sous contraintes par l'usage de la méthode RAD (engagement simultané et linéaire des Maîtrises).
  3. L'adaptation des techniques de modélisation aux flux transversaux et à l'objet avec des outils comme le langage unifié de modélisation (UML).

Ces trois points d'accumulation représentent toute la problématique du développement industrialisé moderne. Les principes qu'ils recouvrent sont susceptibles de s'appliquer à tous les projets informatiques quels que soient leurs types et leurs tailles. En Amérique du Nord (Bell, Abbot, Hydro-Québec) comme en France (Seita, Société Générale), les missions menées selon ces concepts ont été conclues avec succès alors que la plupart des projets conventionnels dérivaient hors des attentes des utilisateurs.

En disséquant par le détail l’ensemble de ces techniques, certains seront déçus de ne rien découvrir de totalement nouveau ou de miraculeux. Effectivement le bon sens ramène ces concepts à une révision des méthodes de conduite de projet, amélioration des modes de communication, perfectionnement des techniques de conception, optimisation des formes de modélisation, formalisation des conditions de réalisation. Au-delà d’une progression de l’état de l’art, ce qui est essentiel, c’est le rythme que ces changements induisent à notre réflexion. Rythme du phasage, rythme de la dimension temporelle, rythme des focus.

Dans un monde en mouvement, la réingénierie du développement d'applications, osmose informatique entre dynamique et communication, impose aux projets l’énergie du rythme.

www.RAD.fr ® © Jean-Pierre Vickoff